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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 11:06

Les Éditions Mnémos, 2014

 

 

On pourrait presque parler d’un coup de maître pour ce premier roman. Fabien Cerutti nous livre là, même s’il s’était déjà frotté à l’écriture d’univers de jeux de rôles, un récit dense et haut en couleurs qui mérite indéniablement le détour. Ce professeur agrégé d’histoire livre avec Le Bâtard de Kosigan une réadaptation réjouissante du Moyen Âge du XIVe siècle, sur fond de Guerre de Cent ans mâtinée de fantasy. L’histoire s’articule autour de la figure de Pierre Cordwain de Kosigan, chevalier mercenaire et assassin, qui n’est pas sans rappeler le Benvenuto de Gagner la Guerre. Ce personnage nous est rendu tout de suite attachant, car son humour caustique n’a d’égal que sa vaillance au combat. Chef d’un troupe de mercenaires d’élite, il ne va pas hésiter à s’immiscer au coeur d’une intrigue politique mettant aux prises les maisons royales de France, d’Angleterre, le duché de Bourgogne et le comté de Champagne. Guidé par ses seuls intérêts, celui que l’on surnomme le Bâtard de Kosigan devra défier ses ennemis dans les lices de Troyes ; malheur au vaincu ! Ces joutes sur fond de rivalités politiques m’ont rappelé les tournois incroyables contés par Pierre Naudin dans son Cycle d’Ogier d’Argouges, dont je vous recommande impérativement la lecture.

 

La première originalité de ce livre est d’introduire elfes, orcs, Changesangs, Humals léonins et autres créatures imaginaires au milieu d’une ambiance médiévale dépeinte avec grand réalisme. Cet alliage de la fantasy et du roman historique fonctionne à merveille, sans aucune faute de goût. L’autre singularité de l’auteur est d’alterner l’histoire du Bâtard avec celle de son descendant, Kergaël de Kosigan, qui cinq siècles et demi plus tard voit le passé de son illustre ancêtre refaire surface en même temps qu’un étrange coffre aux matériaux inconnus. Cette alternance des chapitres entre 1339 et 1899 entretient un suspens efficace, mais confère parfois malencontreusement un rythme décousu à la narration.

 

Le Bâtard de Kosigan vient de recevoir le Prix Imaginales des Lycéens. Amplement mérité.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Fictions
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite