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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 09:27

Éditions Gallimard/Julliard, 2013 (1ère édition en 1964)

 

 

Attention, contrairement à ce que pourrait laisser penser son titre, Azincourt n’est pas un livre sur la bataille du même nom mais un livre sur la guerre aux XIVe et XVe siècles. Philippe Contamine, médiéviste reconnu et spécialiste de l’histoire militaire française à cette période, établit ici une synthèse du déroulement de la guerre de Cent Ans entre la bataille de Maupertuis (ou bataille de Poitiers, 1356) et celle d’Azincourt (1415), de ses enjeux et de ses répercussions sur la noblesse et le peuple. Il revient notamment sur les nombreuses chevauchées anglaises qui ravagèrent les provinces du Roi de France, l’impact de ces pillages à répétition – conjugués à ceux des routiers et sinistres grandes compagnies – sur la population et l’économie du pays, les techniques de combat, les armes employées, etc. De fait, le récit de la bataille d’Azincourt, peut-être la défaite française la plus retentissante de tout le conflit avec celle de Crécy en 1346, n’occupe que les dix dernières pages de l’ouvrage. Décimée par les archers gallois et anglais, la chevalerie française y est, en ce 25 octobre 1415, littéralement massacrée. Notons toutefois qu’Henri V, du fait de la taille relativement réduite de son armée, ne tirera de cette victoire aucun avantage stratégique décisif. Il rejoint d’ailleurs sa place forte de Calais après l’issue des combats.

Ce qu’il faut à mon sens retenir, c’est que la Guerre de Cent Ans a provoqué l’apparition des armées royales permanentes. Et comme le pointe du doigt l’auteur, l’établissement à travers l’Europe de ces armées permanentes eut d’importantes conséquences. « Il a donné naissance, en marge de la noblesse, à un nouveau groupe social et professionnel. Il a contribué au durcissement de la guerre, devenue à la fois plus intelligente, plus complexe et cruelle. Il a modifié le caractère des relations internationales. » (p. 29)

 

Philippe Contamine appuie en grande partie son expertise sur les fameuses Chroniques de Froissart, porte-parole de la classe chevaleresque ayant eu pour ambition de raconter toutes les guerres entre l’avènement d’Edouard III et la mort de Richard II (1327-1400). C’est pourquoi Azincourt se compose majoritairement de retranscriptions modernes de textes de l’époque. Cette présence récurrente du vieux français indisposera certains lecteurs, là où d’autres n’y verront qu’un souci d’authenticité des plus bienvenus. Un glossaire situé en fin d’ouvrage nous aide à appréhender cette langue française oubliée, que je trouve pour ma part savoureuse et truculente. Présents également en appendices une chronologie de la guerre de Cent Ans, une généalogie des dynasties anglaise et française des Plantagenêts et Valoi, une note sur les monnaies, une bibliographie, ainsi qu’un index des noms cités.

 

 

Par Matthieu Roger

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Published by Matthieu Roger - dans Histoire militaire
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Rhapsodie

Mon âme et mon royaume ont pour vaisseaux les astres

Les cieux étincelants d’inexplorées contrées

Ébloui par l’aurore et ses nobles pilastres

J’embrasse le fronton du Parthénon doré

 

 

Frôlant l’insigne faîte des chênes séculaires

Je dévide mes pas le long d’un blanc chemin

À mes côtés chevauche le prince solitaire

Dont la couronne étreint les rêves de demain

 

 

Au fil de l’encre noire, ce tourbillon des mers

Ma prose peint, acerbe, les pennons désolés

D’ombrageux paladins aux fronts fiers et amers

Contemplant l’acrotère d’austères mausolées

 

 

Quiconque boit au calice des prouesses épiques

Sent résonner en lui l’antique mélopée

Du chant gracieux des muses et des gestes mythiques

Qui érigent en héros l’acier des épopées

 

 

Par Matthieu Rogercasque-hoplite